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    Passer son BAFA avec la Ligue !

    Le brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (BAFA) est un diplôme qui permet d’encadrer à titre non professionnel, de façon occasionnelle, des enfants et adolescents en accueils collectifs de mineurs (ACM). Ces accueils ont vocation à offrir aux jeunes des activités éducatives adaptées à leurs besoins, durant les temps de loisirs et de vacances.

    BAFA 35Le BAFA témoigne d’un engagement éducatif et d’un volontariat associatif, tout en donnant accès à des responsabilités importantes, c’est pourquoi la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône, en tant que mouvement d’éducation populaire, propose à chacun la possibilité de former et d’être formé, et accompagne celles et ceux qui souhaitent passer le BAFA sur l’ensemble de la période d’habilitation.

    L’éducation populaire est une pensée qui cherche à promouvoir, en complémentarité avec l’Education Nationale, une éducation visant l’amélioration du système social afin de permettre à chacun de s’épanouir et de trouver une place dans la société. Elle reconnait à chacun la capacité de progresser et de s’émanciper, à tous les âges de la vie. La formation au BAFA que nous proposons est riche de ces idées : chaque module a pour but de faire progresser les stagiaires en termes de savoir être, savoirs et savoir- faire.

     

    Savoir-être, savoir, et savoir- faire

    BAFA 56Cette formation est d’abord pensée comme un échange, destiné à favoriser la socialisation et l’émancipation des stagiaires. Ceux-ci effectuent leur stage dans un cadre favorisant les mixités sociales et culturelles, pour développer l’apprentissage du vivre ensemble.

    Le stage lui-même constitue une expérience de vie en collectivité : apprendre à s’écouter et à prendre en compte les besoins, la parole et l’avis des autres même si l’on n’est pas d’accord avec lui, savoir faire preuve de tolérance et de compréhension vis à vis des opinions et des convictions de chacun, s’engager ensemble pour atteindre un but commun ...
    C’est tout un apprentissage : celui des différences et des complémentarités pour faire vivre la diversité et l’égalité !

     

    Les formateurs poussent les stagiaires à devenir acteurs de leur formation à travers une pédagogie à la fois active et participative, en les incitant à exploiter leur vécu et leurs expériences de rapport aux autres pour manifester leurs acquis et leurs compétences en matière d’animation. En effet, avant même l’apprentissage du rôle de l’animateur, l’objectif est de responsabiliser les stagiaires, de les encourager à prendre de plus en plus d’initiatives et d’autonomie !

    Car pour pouvoir travailler ensemble et soutenir une construction collective, il faut d’abord apprendre à vivre avec soi-même et développer une certaine confiance en soi... Cela passe par le fait de pouvoir mettre en avant ses propres qualités et compétences pour faire émerger en soi les valeurs qui nous animent, les idées qui nous tiennent à cœur, de trouver un moyen de les défendre et de les transmettre. Apprendre à se positionner en tant qu’animateur, c’est d’abord savoir se positionner en tant que personne. C’est grâce à cela qu’ils peuvent ensuite découvrir les valeurs de solidarité et d’engagement !

    C’est ce que nous explique Aurélie Ferlay, formatrice et référente BAFA à la Ligue de l’enseignement des Bouches-du-Rhône : « L’idée de la formation, c’est que les stagiaires repartent avec plus de questionnements que lorsqu’ils sont arrivés, de les aider à grandir sur le stage pour qu’à leur tour ils puissent être en capacité d’aider les enfants à grandir. On cherche à leur faire prendre conscience de leurs capacités et de leurs compétences, car ils sont tous capables d’apprendre quelque chose aux enfants ! » La formation se déroule donc dans un cadre bienveillant : la mission des formateurs est avant tout de croire en eux, de voir au travers de ce qu’ils sont aujourd’hui et de ce qu’ils pourront être demain, d’éveiller leur conscience citoyenne pour leur permettre de réaliser que chacun a un rôle à jouer au sein de la société.

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    Une journée avec les stagiaires du BAFA !

    BAFA 29La formation générale et théorique est la première étape pour passer le BAFA. Elle s’étale sur 8 jours et permet aux stagiaires de se familiariser avec les notions de base de l’animation. Durant cette période, ils apprennent à créer et à mener un projet éducatif en abordant différents contenus comme la connaissance de l’enfant, la réglementation en ACM, les notions de sécurité et de responsabilité, les rôles et fonctions de l’animateur, la maltraitance, des apports pratiques (jeux, chants, activités manuelles...). Comment se déroule une journée de formation ?

    Du 11 au 18 Juin, une session de formation générale et théorique s’est déroulée au CFREP dans le cadre d’une demie pension. Une quinzaine de stagiaires s’y sont retrouvés pour valider la première partie du BAFA.

     

    Mercredi 13 Juin, ils ont par exemple abordé la question de la différence entre les notions de sanction et de punition, puis de la maltraitance. Aurélie a ouvert le débat et la parole a circulé, permettant à chacun de s’exprimer librement sur le sujet et d’apprendre à définir et à différencier ces deux termes.

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    Puis, par petits groupes, ils ont réalisé des affiches de prévention sur une catégorie particulière de maltraitance (morale, physique, sexuelle, institutionnelle...). L’idée était d’apprendre à identifier ces phénomènes et à pouvoir communiquer autour.

    BAFA 63Ici, Neylan, Oussama et Yannis ont réalisé une affiche de prévention pour sensibiliser à la maltraitance physique en réutilisant l’image de Félix, « l’animateur parfait », mascotte de la formation BAFA.  « Ici, Félix a été victime de discrimination sur son apparence physique quand il était enfant, parce qu’il était roux. On veut montrer que c’est quelque chose qui peut arriver à tout le monde et que si on en est victime, on peut lutter contre cette forme de maltraitance, par exemple en devenant animateur et en sensibilisant les enfants sur ce sujet -là... »

    Puis ils ont travaillé en groupe sur leur projet d’activité. Il s’agit d’un grand jeu en lien avec un projet pédagogique que les groupes doivent imaginer et qui sert d’évaluation de la partie « monter une activité » de la formation. Une étape clé, au cours de laquelle les stagiaires expérimentent le travail collectif et la nécessité d’une bonne communication pour élaborer ce projet en commun... Ce qui n’est pas toujours facile !

     

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    Les (pour la plupart jeunes) stagiaires présents viennent tous d’horizons très différents : certains sont volontaires en service civique à la Ligue de l’enseignement, d’autres sont en reconversion professionnelle, certains viennent des quartiers au nord de Marseille et vivent à deux pas du centre de formation. Pour quelques-uns d’entre eux, dont le parcours scolaire a été difficile, cette formation représente beaucoup : c’est une main tendue vers un peu d’espoir pour l’avenir, une ouverture. La possibilité de croiser d’autres visages, de rencontrer des personnes au parcours différent, de confronter des regards.

     BAFA 45« Ce que j’aimerais faire, c’est pouvoir travailler avec les personnes en difficultés, handicapées, ou faire des colos ! » confie Chloé pendant la pause.

    Talia, qui nous écoute, s’approche et me parle aussi de ce que le BAFA signifie pour elle : « Moi j’aimerais être éducatrice de prévention dans les prisons. C’est mon rêve. Mais j’ai arrêté l’école, donc je n’avais pas beaucoup de portes de sorties... Heureusement j’ai pu être accompagnée par la Ligue de l’enseignement pour passer le BAFA gratuitement, ce qui va me permettre de passer d’autres concours pour réaliser mon rêve ! »

     

     

    Cette diversité sociale est à la fois formatrice, transformatrice et parfois difficile, les relations se tissent autour d’un enjeu particulier : la validation d’un diplôme. Mais relever ce défi se fait à plusieurs, il faut pouvoir s’appuyer sur les autres, et les stagiaires motivés découvrent vite que c’est là que se situe en réalité le véritable enjeu : exister, oui, mais avec l’autre. La formation est intense et l’ambiance oscille entre solidarité, soutien mutuel et désaccords : des liens forts se créent au fil des jours, des disputes éclatent parfois, mais toujours subsiste la volonté d’avancer ensemble, pour pouvoir se dire à la fin : voilà ce que j’ai accompli, voilà ce que je peux faire.

     

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